04 décembre 2007

ze sailor man

Au début on n’y avait pas vraiment  fait attention, une sorte de bouton sur le coude, un truc banal qui va passer comme passent toujours les trucs à la con.
Un mercredi que c’était...la nuit  suivante, j’avais trente neuf quatre de fièvre...le retour du pallu qui je me suis dit.
On me la fait plus à moi, on me l’a expliqué le truc en Afrique.
Pour savoir si on a le pallu, après une première poussée de fièvre, on attend de voir si ça baisse, c’est ce qui s’est passé. Il ne faut pas prendre de pilules pour faire baisser la  température, il faut attendre de voir si ça remonte aussi sec juste après et si ça le fait, on se prend sa dose de cheval d’anti-pallu de choc pour broussard acharné. Le lendemain, c’est repassé de trente sept cinq à quarante et quatre dixième, ça chauffait bien sous le crâne !  Ici, on m’a un peu engueulé que je pourrais quand même aller voir un médecin plutôt que de jouer à l’auto-médicalisation comme si j’étais encore dans un trou d’eau en Angola . Le conseil était, sommes toutes, fort judicieux parce qu’après prise de sang, on a tout de suite vu que je n’avais pas du tout subi d’attaque de malaria par contre mon taux de globules blancs surréaliste trahissait une violente infection ailleurs et bon ; vu qu’en deux jours mon coude avait triplé de volume et s’était complètement bloqué, il ne fallait pas chercher bien loin. Après, j’ai pas eu l’air con, bourré de médocs avec un bras de Popeye et une main comme un pis de vache turgescent. Les jours qui suivirent, il y a eu un peu de progrès sur la voie de la guérison mais il n’y avait pas de quoi  vraiment se la péter . 
Tout ça se passait pendant ce bizarre  mois d’août où,  je crois, dans ma maison, on a battu les records d’affluence de potes puis de potes de potes, de potes d’enfance à qui on n’a pas plus grand chose à raconter mais, comme les potes de potes, à qui on n’a pas grand chose à dire non plus, ils débarquent tous parce que ici, y’a pas à dire, c’est vachement cool !
Le coude  a fini par dégonfler au fur et à mesure que la maison se vidait mais ça n’a peut être aucun rapport ; je n’ai pas de Chaman sous la main pour vérifier.

popeye_copie

Il parait que tout ça provenait d’un réveil subit de vieux staphylocoques chromés que j’avais chopé à l’hosto du temps de mon premier accident, celui à vélo grâce auquel je me suis mis à la moto. C’est une histoire assez farfelue que j’ai raconté dans un excellent bouquin qu’on ne trouve plus maintenant mais qu’un jour j’arriverai à faire ré-éditer, promis, juré, craché, gerbé tout ce que vous voulez...
Je croyais que je subissais ma première maladie de vieux et voilà que c’était en réalité une remontée d’adolescence, comme une nouvelle poussée d’acné.
La chose s’était d’ailleurs déjà un peu réveillée au Cameroun avec mes furoncles aux fesses ; allez donc relire les autres blogs, c’est tout raconté dessus, mais il n’y a pas de photos !
Trois mois plus tard, il me reste une légère induration et une vague douleur au fond de l’articulation. Je me dis que je vais  définitivement me traîner ça comme un mec qui commence à rouiller mais qui ne veut pas le savoir. On verra d’ici peu, ce que ça donne au guidon de ma bécane dans les bourbiers visqueux...parce que c’est pas maintenant que je vais me mettre à  la bagnole alors que ça fait trente deux ans que je me prépare à rencontrer la piste ultime.

Posté par ptiluc à 13:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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