22 décembre 2007
une petite pause au bord de l'eau
La mécanique est une science improbable, quand on répare un côté, il y’a toujours l’autre qui va avoir l’envie soudaine de se faire remarquer… Mais peut être que la science la plus improbable c’est celle du voyage, doublée de celle du voy
age avec une bécane de cent trente cinq mille bornes…Mais bon, maintenant que je suis là, il n’est pas question de baisser les bras. Comme il y’avait franchement de quoi commencer à craquer avec ces pannes électriques soudaines, Alain m’a amené à quatre vingt bornes d’ici, sur les bords du fleuve Kwanza. Son pote Bruce, Zimbabwéen rouquin qui a fuit les folies de Mugabé, y loue des bungalow au bord de l’eau. Le fleuve porte le même nom que la monnaie angolaise ; un peu comme si la Tamise s’appelait la Livre Sterling…du coup, on dirait « tiens je vais faire un tour en bateau mouche sur la Livre Sterling» , mais ça fait un peu con, non ? Et bien nous on est allé faire de la barque sur la Kwanzamais ça sonne mieux, je trouve. Après on s'est tapé quatre heures de bouchons, mais c'est normal à Luanda, c'est une bonne moyenne. Alain travaille dans la boîte de Jean Claude qui a recueilli ma bécane l’année dernière…il habite juste à côté de l’impasse au fond de laquelle se trouvait ma pauvre bécane. On a exactement la même Triumpf en France ; entre hommes de goût, on ne pouvait que s’entendre, j’ai fini par m’installer chez lui …
ça fait vingt ans qu’il vit en Angola, et le soir on se raconte nos vies en buvant quelques coups. IL est pote avec Daniel Jacquot. Daniel Jacquot est une légende vivante, c’est déjà lui qui, en quatre vingt quinze, avait sauvé de la ruine la Yamaha de Christophe, un p’tit gars que j’avais rencontré au Mali et qui partait faire le tour d’Afrique. Et depuis que je fais des blogs en voyage, des tas de gens m’écrivent des commentaires où il me parle de ce Dieu du dépannage, qui fut la providence de pleins de motards en déroute angolaise. Demain matin, ce sera mon tour de rencontrer la providence…

