09 janvier 2008

le couloir de Caprivi

Le jour suivant, je ne sais même plus c’est quoi la date, mais bon, je me suis tapé cinq cent bornes de route toute droite avec toujours le même paysage de savane arbustive à la con.

A mi chemin, il y’avait quand même une ville. Rundu que ça s’appelle, on est juste avant le couloir de Caprivi, cette fine tranche de Namibie qui longe le sud de l’Angola jusqu’à la frontière de Zambie et qui pendant toute la durée de la guerre servait de base arrière à l’Unita et était bien sur, une région totalement infréquentable. Depuis tout s’est calmé, la route à été goudronnée mais cette languette de Namibie reste un pays à part. Alors que tout le reste du pays ressemble plutôt à l’Afrique du sud, dont d’ailleurs il fit partie après que cette colonie allemande fut confisquée en 1918, la bande de Caprivi, elle, semble être comme une zone d’Afrique noire un peu abandonnée par le reste du pays. La limite entre les deux c’est Rundu.

Ici on a l’architecture urbaine d’une petite ville américaine, un enfilade de supermarchés, de station services et de commerces divers et puis quelques pavillons en bois ; le genre de patelin que d’ici jusqu’au Cap, on rencontre sur tout le voyage. Mais Rundu semble comme abandonnée, il y règne une ambiance légèrement chaotique qui laisse à supposer que le couloir de Caprivi n’a pas eu le même parcours que le reste du pays. Pendant cette longue étape monotone, je me la suis jouée motard, j’ai viré mes tongues, j’ai mis le blouson, et j’ai tracé à cent trente, cent quarante tout le long. Je me disais que ma béhème quand même, à l’aube de ses cent quarante mille bornes, qu’est ce qu’elle tourne bien. C’est quand j’ai passé la réserve que je me suis rendu compte qu’elle avait bouffé du neuf litres aux cent cette vieille carne. Demain, je ralenti la cadence et je remets les tongues, finalement, c’est ça mon truc…

                                    __la_banque_de_Rundu_copie

À Rundu, j’ai changé quelques dollars à la banque. À l’intérieur de la banque, il y’a autant de monde que dans la rue. Devant moi, il y’avait deux mecs qui amenaient deux sacs à dos de pièces de monnaies, j’ai réussi à changer de file, mais je crois que là, à la tombée de la nuit, l’impassible petit guichetier doit encore être en train de compter.

Posté par ptiluc à 19:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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