10 janvier 2008

a Livingstone, i presume...

Des bords du fleuve Okavango où j’ai passé la nuit dans un bungalow peinard, jusqu’aux chutes Victoria, on longe le delta du même Okavango. C’est dans ce coin qu’il y’a le plus d’éléphants sur ce continent. Normalement, on doit en croiser plein sur la route, même que y’a un grand panneau tous les dix kilomètres pendant cent cinquante bornes qui te dit de faire vachement gaffe . Moi j’ai vu que des crottes, mais alors plein que j’en ai vu et des balèzes. Même Tibet, il en a jamais fait pas des comme ça après qu’on lui ait débouché l’intestin ! Peut être que si j’étais passé deux heures plus tôt j’en aurais croisé plein des éléphants, mais j’ai préféré rester dans mon bungalow, écouter les oiseaux se faire péter les cordes vocales. Puis il y’avait une douane à franchir. Elle est marrante cette douane, quand tu rentres en Zambie tu arrives à une intersection ; à gauche c’est la douane et à droite la route de Victoria Falls. Si tu veux tourner à droite directement , il n’y a personne pour t’en empêcher sauf qu’à la sortie ce sera peut être plus compliqué . Il y’avait des tas de petites taxes à la con à payer mais finalement, ils étaient plutôt peinards ces douaniers-là. Il a dû vraiment beaucoup pleuvoir ici, des deux côtés de la route la forêt a les pieds dans l’eau et là, vraiment, je ne regrette pas l’ancienne piste.

               victoria_baboon_copie

Arrivé à Livingstone, j’ai d’abord cherché la petite auberge où j’avais fait escale il y’a six ans, on y parlait le français, ça m’aurait un peu reposé. Après une rapide enquête, j’ai appris qu’ils étaient partis en Australie, je me suis donc échoué dans une espèce d’hôtel baba avec des bungalow rigolos, des dortoirs et un coin camping. On y croise des groupes de jeunes crétins venus faire du rafting des routards babas et des soldats indiens de l’ONU. Ils sont sur la route du Congo. jollyboys_copieUn peu comme moi, c’est ce qui m’inquiétait. Mais ils m’ont bien vite rassuré, il n’y a pas la guerre à Lubumbashi ; pas contre un peu plus au nord, c’est nettement plus compliqué, mais un peu plus au nord, je ne compte pas y aller avant l’année prochaine. Livingstone c’est une sorte de boucle bouclée, on y’ trouve le début et l’aboutissement de la présence des blancs en Afrique. La ville porte le nom et les traces du fameux docteur, oui, vous avez bien présumé. Avec les chutes Victoria, que découvrit le docteur, il y’a seulement un bon siècle, et à qui il donna le nom de son principal sponsor, le coin attire un monde fou. Rafteurs, kayackeurs, grimpeurs, élastiqueurs, surfeurs sur rapides et puis les habituels safaris en avion, en hélico et en quat’quat ; y’a tout ce qu’il faut ici pour attirer le grumeau en masse. Avec en plus le Zimbabwe en ruine juste à côté, ça jollyboyBungalow_copien’arrange rien. Bizarrement , le grumeau est absent du Jollyboys Backpakker où je me repose avec assiduité. Je cause peinard avec les soldats indiens , assis sur des coussins dans la grande paillote centrale, je gribouille et je suis quand même retourné voir les chutes. Comme j’avais vu le côté Zambien il y’a six ans et le Zimbabwéen, il y’a quatre, j’ai choisi le milieu. Après une subtile négociation avec la police des frontières, ils m’ont laissé aller sur le pont qui relie les deux rives en face des chutes. Puis j’ai traîné un peu à mater les babouins insolents qui se baladent partout, même dans les bureaux et qui sont incontestablement les vrais rois de la frontière. babouin_douanier

Posté par ptiluc à 20:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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