07 février 2008

Autre Conte africain

 Autre Conte africain

C’est l’histoire d’un grand chef qui avait fait des trucs vachement biens pour son pays quand il a quitté le régime tout pourri qu’on appelle l’apartheid, et aussi paraît-il des trucs pas bien mais globalement la guerre, même de libération, ça incite la bête humaine à faire des trucs pas bien. Après le grand chef, il est devenu vieux et il a commencé à yoyotter sur les bords. Comme il vivait avec une gonzesse genre petite jeune, certains racontent qu’elle l’ aurait un peu poussé à foutre les fermiers blancs dehors, d’autres disent que c’est pas vrai, que c’est parce qu’elle n’est pas du pays qu’on veut lui faire porter le chapeau.

Mais donc, les fermiers blancs ont été virés, genre morts ou genre ils sont partis pour pas être morts. A leur place, le vieux chef a mis ses copains parce qu’il avait promis de redistribuer les terres et c’est plus facile de les redistribuer à ses copains; ça fait moins de monde. Les copains ont donc vendu les vaches pour avoir du pognon et puis ils ont pas cultivé la terre parce que c’est fatigant comme boulot paysan, c’est mieux de faire juste « ami de président » quand on ne veut pas se fatiguer. Donc après, y’avait plus rien à manger et tout s’est cassé la gueule…On dit aussi qu’après le régime tout pourri de l’apartheid, la reine de l’Angleterre, le pays de Robin des Bois, avait promis de donner des sous pour aider à la redistribution des terres. Mais finalement elle l’a pas fait et on a rien redistribué du tout, alors il avait un peu raison de s’énerver le vieux chef, mais que un peu, parce que quand on s’énerve on fait pas ça n’importe comment. On tue pas des fermiers blancs même si c’est souvent des gros égoïstes qui veulent rien partager. bistrot_en_zim_sMaintenant, en traversant les campagnes, on se rend compte que la terre s’est un peu redistribuée toute seule, parce que sur les anciens grands champs de cultures industrielles, on trouve par ci par là, entre deux friches, des champs plus petits cultivés par des gens qui ont l’air de s’être installés puisque tout le monde était parti, les fermiers blancs puis les copains du chef qui s’ennuyaient à la campagne. Dans la grande ville où il n’y a plus d’essence, il y’a quand même pas mal de bagnoles qui roulent…on peut avoir de l’essence si on achète cinq cent litres à l’avance et qu’on y va avec son abonnement. On trouve des trucs sur un marché parallèle où les prix changent tout le temps, parce qu’ici, l’argent ça ne vaut rien du tout. L’inflation officielle pour un an est de cinq cent pour cent, mais la vraie, calculée sur le prix du sucre ou du journal du matin, elle est de presque un demi million de pour cent. Les billets de banques de dix millions de dollars zimbabwéens ne sont valables que six mois parce qu’après, on aura imprimé des billets de cent millions.zimdollars

Il y’a bien sûr quelques copains revenus des champs où ils s’ennuyaient qui pratiquent le changent officiel dans l’autre sens et qui achètent des dollars avec leur argent qui vaut plus rien mais comme il s’appelle dollars aussi, ils croient que c’est pareil et on ne leur dit rien parce que c’est les amis du chef. Avec ça, ils peuvent s’acheter plein de grosses bagnoles et ils sont contents. J’ai entendu dire que le grand chef qui aurait donc malgré tout la sagesse d’un grand chef, est en train de préparer sa succession d’une manière qui ferait que la vie pourrait redevenir normale. Ce serait bien la première fois que des mecs qui s’en sont foutu plein les fouilles, s’arrêteraient à un moment donné en se disant que c’est bon, qu’ils ont pris assez et que maintenant tout va redevenir comme avant… Mais on verra bien, finalement, c’est peut être un vrai sage ce grand chef !?

 

Posté par ptiluc à 07:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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