21 février 2008

la tête sous l'eau...

Pour les plongées, Christophe s’organise avec les quelques clubs installés ici.  Quand il m’a dit ça, je n’ai pas pu empêcher de monter en  moi une certaine pointe d’inquiétude. Je suis déjà allé jeter un coup d’œil aux centres de plongées Sudafricains et je dois dire que le côté légèrement paramilitaire de leur organisation m’avait laissé tellement perplexe que j’avais préféré passer mon chemin, à côté les clubs de l’Ecole Française, c’est le club Dorothée. Je commençais donc à faire mes bagages pour reprendre la route un peu désespéré quand Christophe m’a retenu en m’apprenant que chez  diversity Scuba  on trouvait des Portugais , des Anglais, des Australien  et  même un moniteur Mozambicain et un barman Israélien…un club totalement cosmopolite quoi ; d’ailleurs à Praia de Tofo on parle toutes les langues, on passe de l’une à l’autre  sans réfléchir, on réinvente l’Espéranto. Christophe qui était si fier d’avoir si bien appris le portugais en arrivant ici, il y a six ans est toujours un peu énervé quand il parle avec les gens du coin un Portos impeccable et que eux,  s’appliquent à lui répondre en anglais. Mais chacun est finalement fier de parler la langue de l’autre, il faudrait juste qu’on ne se retrouve pas avec la langue du colon et celle du colonisé.  Les vieux schémas menacent toujours de se réimplanter en Afrique…

Bon, c’est vrai que quand j’ai vu la tronche  de Steve, avec ses dred’s blondes et sa tronche d’allumé, je me suis dit qu’ici, ça allait être cool.  Ben, pas tant que ça finalement…Au démarrage, pas de ponton de papy, il faut pousser à la main le gros zodiac échoué sur la plage jusqu’aux premiers rouleaux, puis se hisser dedans à toutes blindes et c’est parti dans les vagues. Après cinq minutes, on croise un requin baleine : allez, tous à la flotte avec masque et tuba…errance_sousmarine_copie ça traîne pas ici. D’ailleurs, on a dû l’énerver le gros poisson, il a directo plongé vers le fond et tout le monde est remonté pour redémarrer à plein gaz des deux moteurs du zodiac. Un peu plus loin, on s’équipe et à «un, deux, trois, go » tous à la flotte en même temps par culbute arrière et directo, on palme vers le fond pour éviter les courants que si t’y fais pas gaffe, ils t’emmènent direct au pôle sud. Entre dix et quinze mètres, la houle est toujours bien  là . On dirait que c’est pour se marrer que Julius, le mono du Moz, insiste pour nous montrer des bestioles de deux centimètres incrustées dans la roche pendant que la houle nous balance allègrement les uns sur les autres ; moi qui voulais une première plongée  à la cool, je suis super gâté. Pendant que je m’énerve à réajuster mon masque taille hydrocéphale qui se transforme en aquarium toutes les trois minutes, il y’a tout autour de moi, un tas de machins colorés qui se baladent . Des gros qu’on croirait peints à la main, des petits en bancs serrés au milieu desquels c’est plutôt planant de se laisser bercer par la houle mais Julius a toujours envie de rappeler tout le monde pour aller mater une micro poiscaille sous un caillou coloré. Bon, je médis un tout petit peu sur les bords, sous le caillou il y’avait une grosse tortue marine en train de faire la sieste, puis un poisson crocodile un peu planqué et même une langouste que celui qui arrivera à la choper celle-là, il fera bouffer sa famille toute la semaine avec ! On remonte  très lentement ; Julius nous en fait des tonnes dans la conscience professionnelle, genre un palier tous les dix centimètres. J’ai le temps de vider quarante mille fois mon masque et nous voilà repartis à donf dans les grosses vagues pour finir en échouage sur la plage un peu façon débarquement de Marines pendant la guerre de Corée… mais c’est sans doute juste l’impression d’un plongeur du dimanche qui a dix milles bornes de bécane dans le cul  et qui voulait juste une plongée de remise en forme…

Le lendemain à sept heures et demi   je rame un peu au débriefing  , on est lève tôt ou on ne l’est pas. Julius recommence son topo d’hier en me fixant à mort du regard parce que c’est un peu moi  le bras cassé de la palanquée. C’est qu’il me ferait peur celui-là ! A un moment donné je lui ai quand même dit que j’y comprenais que dalle à son baratin, alors Alice la petite blonde au look de surfeuse m’a pris en charge. Il faut toujours avoir l’air désarmé quand on se fait débriefer par un black culturiste, ça réveille l’instinct maternel des filles, même pour les vieux  motards burinés. J’ai donc fait une plongée sans faute, c’est normal, on a toujours envie d’épater les Alice. On a croisé une tortue qui est venue nous saluer tout près, une murène énorme, une balèze de langouste avec ses petits en coloc dans un trou avec une famille murène monoparentale ; même chez les poissons on vit plus pareil , on a changé de morale de vie. Après plein de gros trucs fluos,  on a eu droit en finale  à une grande raie, pas manta  du tout, mais qui a néanmoins vachement épaté tout le monde parce que c’est un modèle qu’on ne trouve pas sur les côtes africaines , elle aussi, a pas dû écouter son mono et puis se faire entraîner par les courants depuis l’Australie.

                         inhambane

Posté par ptiluc à 18:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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